Eglise catholique de Saint-Ouen : Notre-Dame du Rosaire, Sacré-Coeur, Vieux-Saint-Ouen
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      La famille… si on en parlait ?

La famille… si on en parlait ?

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  • 25 mars 2014
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Compte-rendu de la rencontre du 7 mars


Qu’est-ce que le mariage apporte à la vie de couple ?
Faut-il distinguer le mariage civil du mariage chrétien ? Pourquoi ?

Selon l’Église, pour que le mariage soit validement célébré, il faut 4 éléments :
1. la liberté [NDLR : de consentent de chacun des époux ; ils ne doivent pas se trouver sous une contrainte quelconque… comme des pressions de la famille ou de l’entourage, un bébé qui arrive trop tôt, etc.] ;
2. la fécondité [NDLR : les fiancés/époux doivent accepter la possibilité d’avoir des enfants, ne pas refuser de donner la vie. Mais cette fécondité peut aussi être spirituelle, par le témoignage qu’ils donnent de leur amour autour d’eux, par leurs engagements communs au service des autres… sans doute ne faut-il pas assimiler « stérilité » et fécondité !] ;
3. l’indissolubilité [NDLR : le oui échangé lors du mariage est un engagement pour la vie… « jusqu’à la mort nous séparent » (selon une formule de mariage… protestant dans The book of common prayer de 1789] ;
4. la fidélité [NDLR : c’est assez clair pour tout le monde !]

Et l’amour ? il semble aller de soi que c’est un prérequis indispensable et convenu…
Nous ajoutons une question « annexe » qui nous semble importante : qu’est-ce qu’il faut pour faire mariage ?
• Il faut être 2 ;
• Il faut l’amour ;
• Il faut un projet commun ;
• Il faut du DIALOGUE [NDLR : les participants insistent sur le nécessité d’un vrai dialogue, respectueux dans le couple…] ;
• Il faut prendre le temps de l’écoute et du partage ;
• Il faut du respect mutuel ;
• Il faut un engagement dans la durée longue : ce n’est pas un CDD, c’est un CDI à vie ;
• Il faut de la stabilité, pas de « turn-over » !

Parce que, pour nous, le mariage c’est d’abord le désir de construire, d’aller plus loin, le mariage chrétien, comme sacrement, apporte cette dimension supplémentaire : Dieu est invité en plus ! Il participe au mariage religieux. Le sacrement, il apporte quoi ? Cette présence de Dieu au cœur de l’union – « une grâce semée ».
C’est pourquoi, le mariage chrétien se prépare, avec un prêtre (celui qui le célèbrera ou pas) et en groupe avec d’autres couples. Cette préparation aide à (re-)découvrir l’Église et à réfléchir sur le sens de l’engagement entre époux, mais aussi à faire un cheminement personnel et en couple vis-à-vis de l’Église elle-même.

Curieusement, des personnes qui ne sont pas de paroissiens pratiquants, ni même parfois de croyants [NDLR : ils ont un vague souvenir qu’un jour ils ont reçu le baptême… parce que la grand-mère avait tellement insisté], veulent tout de même se marier à l’église : « on veut passer à l’église parce qu’il y a que là qu’on parle bien de l’Amour » !
Autour de l’idée du nécessaire dialogue dans les couples et d’un engagement dans la durée, les participants constatent que, aujourd’hui, même parmi les couples « chrétiens », il y a des divorces et des personnes qui se parient, parfois même après vécu longtemps ensemble « en dehors du mariage », se séparent ensuite rapidement.
Peut-être, c’est aussi un effet de l’évolution de notre société : avant, quand quelque chose ne fonctionnait plus, on cherchait par tous les moyens à le réparer ; aujourd’hui, n’importe quoi qui ne fonctionne plus ou mal, on le jette et on en achète un autre plus performant, plus design sans herche à comprendre… dès qu’on achète, on part avec la garantie que ça ne durera pas !

Et pour les couples, c’est pareil ! quand cela ne va pas bien dans un couple, que fait-on ? on ne cherche pas à comprendre et on se sépare ? ou on prend le temps de chercher ce qui ne va plus et on dialogue ?
Normalement, dans un couple chrétien, il devrait y avoir ce temps du partage et du dialogue pour ne pas aller à la séparation.
Ce qui est sûr, c’est que Dieu est présent avec tous les couples, qu’ils soient mariés à l’église ou pas. Si le mariage à l’église ouvre une autre perspective pour les époux, il n’est pas plus important que le mariage civil et le mariage civil est déjà un (vrai) engagement avec une dimension spirituel.

NB : Articles du Code Civil relatif au mariage (toujours lu par celui qui célèbre le mariage en mairie…) :
Art. 212 : Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance.
Art. 213 : Les époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille, ils pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir.
Art. 214 : Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives.
Art. 215 : Les époux s’obligent mutuellement à une communauté de vie.
Art. 371-1 : L’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux parents jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.

Connaissez-vous l’enseignement de l’Église au sujet du mariage ? de la famille ?
Ce qui fonde cet enseignement, c’est d’abord la Parole de Dieu qui se trouve dans la Bible.
Dès le début de l’histoire de Dieu avec l’humanité puisque l’homme, créé à l’image de Dieu et selon sa ressemblance, quitte son père et sa mère pour ne faire plus qu’un avec la femme (second récit de création – Genèse 2,21-25).
Cela passe aussi par la réalité de la famille de Jésus, homme parmi les hommes, né d’une femme et qui a grandi entouré de l’amour de Joseph et Marie…
En plus, il y a le sens du sacrement comme image de l’amour du Christ et de l’Église comme l’enseigne le catéchisme de l’Église Catholique après Paul dans la lettre aux Éphésiens (Éphésiens 5,23-32).
[NDLR : Notre groupe n’évoque pas les textes du Magistère, ni les encycliques pontificales, ni les textes conciliaires et nous passons très vite sur cette question]

Avez-vous des difficultés avec la mise en pratique de l’enseignement de l’Église ?
Vous semble-t-il problématique pour aujourd’hui (difficile à tenir, pas en phase avec la société, contestable sur le fond ou autre …) ?

« Je comprends que l’Église édicte des règles, mais n’est-elle pas trop loin de la réalité des fidèles ? »
Dans notre société du tout individualiste, l’enseignement de l’Église peut ne pas paraître immédiatement en phase avec l’épanouissement personnel…

De votre point de vue, comment l’Église doit-elle accueillir :
o les couples séparés, les divorcés remariés,
o les couples mixtes (de confession différente),
o les couples de personnes de même sexe,
o les couples vivant ensemble hors mariage…
o et leurs enfants ?

Si une paroisse applique strictement la loi de l’Église, l’accueil est très/trop « limité » parce qu’aucun de ces couples, hors-normes selon ces règles du droit de l’Église, ne peut accéder aux sacrements, ni au mariage, ni à la communion, ni à la réconciliation… en même temps, selon ces mêmes règles canoniques, pas beaucoup de paroissiens peuvent vraiment communier tous les dimanches !
Quelle que soit la situation d’un couple, la communauté peut prier avec lui et partager la Parole de Dieu, mais pour les sacrements ? Si un couple de personnes de même sexe demande le mariage à l’église ? Si un couple de divorcés-remariés se présente à la communion ? Si un baptisé, marié uniquement civilement, veut recevoir le sacrement de réconciliation ?

Nous avons défini ce qui nous semblait « faire mariage », avec le fait d’être 2 personnes qui s’aiment et qui ont un projet commun, dans le dialogue, le respect mutuel, l’écoute attentive de l’autre… or, il nous semble bien que c’est aussi ce que vivent ces couples ! C’est pourquoi il faut les accueillir. Ce qui doit primer, pour nous, c’est l’accueil (sans vraiment de conditions) avec beaucoup d’humanité et de respect des personnes et des situations ; pastoralement, nous vivons tous des situations particulières.
Les enfants ne doivent pas souffrir de la situation de leurs parents et, là aussi, il faut beaucoup d’humanité pour ouvrir le dialogue… La pastorale est une affaire de discernement de situations particulières.
Par exemple, si une famille vient pour demander le baptême du petit dernier, mais que les aînés vont pas au catéchisme. Selon la loi de l’Église, le prêtre doit refuser le baptême, mais nous sommes sûrs que la famille ne viendra plus à l’église... Il nous semble qu’il peut l’accepter en invitant les parents à réfléchir sur le pourquoi de cette situation parce que s’ils tiennent au baptême de leurs enfants, ils devraient aussi faire le nécessaire pour les inscrire au catéchisme.
Pour les enfants de couple de personnes de même sexe, il nous semble que c’est une question pastorale qui se posera bientôt et que les catéchistes devront gérer avec délicatesse. Surtout que, très souvent, entre eux, les enfants ne sont pas tendre et que ces situations seront fatalement l’objet de discussion entre eux, au catéchisme ou à l’école.

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