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      Miséricorde

Miséricorde

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  • 2 mars 2016
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L’Évangile de ce dimanche, nous le connaissons par cœur et, presque inconsciemment, j’ai la vision du tableau de Rembrandt, sur lequel nous voyons ce vieillard blanchi par les ans au visage paisible et rayonnant qui pose doucement ses deux mains largement ouvertes sur les épaules d’un homme jeune qui s’est jeté à ses genoux...


Et, immanquablement, à l’évocation de ce texte ou en apercevant une reproduction de cette œuvre, nous pensons au pardon.
Avons-nous remarqué le contexte qui amène cette fameuse parabole ?
C’est une réponse aux récriminations des pharisiens... Et cette réponse met certes en regard deux attitudes différentes, deux frères qui n’agissent pas de manière similaire, mais l’histoire souligne surtout une admirable figure paternelle. Parce que le père y supporte tout !
Au fils qui le demande, il partage ses biens sans protester et le laisse en disposer comme bon leur semble. Notons que le partage les concerne bien tous les deux (le texte dit "le père leur partagea ses biens"). Le père ne cherche pas à retenir le plus jeune fils, mais il semble bien qu’il attende le retour de celui qui est ainsi parti au loin, qu’il guette patiemment et s’émeuve d’apercevoir celui qui revient. Il se réjouit infiniment du retour de celui qu’il attendait, mais il supporte aussi les récriminations de celui qui n’a commis ni transgression, ni excentricités et qui lui fait des reproches. Le père court à la rencontre de celui qui revient, mais il sort aussi accueillir et tirer par la manche celui qui boude et ne comprend plus rien. Il donne des ordres pour fêter le retour de son enfant perdu, et il veut partager cette joie immense avec tous, y compris le frère rancunier et rageur.
..."L’amour prend patience ; l’amour rend service ; l’amour ne jalouse pas, il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil... Il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais trouve sa joie dans ce qui est vrai. Il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout" (1 Corinthiens 13,4+). En regardant agir le père de la parabole, j’ai ces quelques lignes de Paul qui me reviennent en tête. Car, finalement, la miséricorde du père, l’enthousiasme dont il témoigne en embrassant celui qui revient, comme quand il va chercher celui qui boude et refuse de faire la fête, c’est l’amour qui l’inspire ; c’est l’amour qui la nourrit et lui donne toute sa générosité.
Parce que Dieu est Amour, il est aussi pardon ! Dieu ne nous pardonne pas pour une autre raison ! Il nous aime, et même il nous aime avec toute la tendresse bienveillante et généreuse d’une mère ! Il s’émeut face à celui qui s’égare, il est meurtri par celui qui le rejette, mais jamais il ne se détourne ! Toujours il guette sur nos routes pour saisir le moment où nous reviendrons, où nous revenons vers lui. Quand nous réalisons que nous n’avons pas pris le bon chemin, pas fait le choix le plus judicieux et que nous nous tournons vers lui, il donne déjà ses ordres pour la fête et nous accueille dans la joie. Inlassablement ! Parce qu’il faut bien l’admettre, nous sommes plutôt du genre, les uns et les autres, à demander souvent notre part d’héritage pour aller tenter notre chance en ne faisant pas nécessairement les bons choix et en étant un peu oublieux de tous les bienfaits déjà reçus...
Le paradoxe le plus saisissant se trouve d’ailleurs ici.
Bien souvent et de différentes manières, nous agissons avec Dieu comme le plus jeune fils, mais nous nous comportons comme le fils aîné avec nos frères. Pour reprendre un langage évangélique : nous agissons comme des publicains et nous récriminons, indignés et fiers, comme les pharisiens !
Les pharisiens, au début de notre texte, comme dans dans plusieurs autres passages des récits évangéliques, sont agacés que ce prétendu rabbi fréquente, mange et discute très librement avec des publicains. Nous savons bien que les pharisiens pensent qu’ils sont de "bons fils" ! C’est parce qu’ils ont cette haute estime d’eux-mêmes et parce qu’ils suivent rigoureusement tous les commandements sans jamais commettre aucune transgression qu’ils portent un terrible jugement sur tous les autres, ceux qui dévorent les biens avec des prostituées... Comme nous pouvons être tenter de porter, à l’emporte-pièce, des jugements sévères sur telle sœur ou tel frère qui ne vient pas régulièrement à la messe, n’a pas l’attitude attendue en toutes les occasions, a vu son couple connaître un déchirement et la séparation... À, tout simplement à vrai dire, une tête qui ne nous revient pas. Alors, nous ne pratiquons pas, ne pratiquons plus l’accueil attentif et ouvert, fraternel tel que le Christ l’a enseigné. Pourtant, comme celle ou celui contre lequel nous maugréons, plus ou moins discrètement, nous faisons toutes et tous partie de ces femmes et de ces hommes, cabossés par l’existence, pas toujours extrêmement scrupuleux, ni franchement "bons" pratiquants, que Jésus accueille, relève et rassemble autour de lui à table et nous sommes toutes et tous des "fils prodigues" qui étaient morts et qui sont rendus à la vie ! Chacune et chacun d’entre nous mort au péché dans l’eau du Baptême et renaît à la vie par, et avec, le Ressuscité !
Alors en cette année de la Miséricorde tout particulièrement, profitons de cette semaine pour contempler la patience de Dieu pour nous. Examinons-nous, scrutons ce qui fait notre quotidien, quel qu’il soit, y compris ce qui nous éloigne le plus de ce que nous supposons être les attentes de Dieu et regardons tout cela avec le regard plein d’amour bienveillant et généreux, avec la tendresse que Jésus nous révèle du Père. Essayons de sortir du jugement, qui stérilise et tue, pour passer du côté de la miséricorde qui épanouie et donne la Vie.
Eric MLG

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