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Transfiguration

2ème dimanche de carême

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  • 20 février 2016
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Toujours en marche vers Pâques, nous grimpons sur la montagne avec Jésus qui a, pour l’occasion, invité 3 compagnons à le suivre à l’écart pour prier avec lui…


Cela n’arrive pas à chaque fois, mais quelques fois, rares, les textes nous disent qu’il invite Pierre, Jacques et Jean à l’accompagner. Evidemment, nous pensons immédiatement la prière dans le jardin des oliviers, après son dernier repas, mais c’est aussi le cas lorsque Jésus se retire sur la montagne juste après avoir, pour la première fois, annoncé sa passion.
Comme au jardin des oliviers, ils seront les témoins privilégiés de Jésus pour tenter de nous transmettre qui il est, au plus profond de son humanité comme de sa divinité. Comment il est totalement homme dans l’angoisse qui l’accable jusqu’à transpirer des gouttes de sang à Gethsémani et comment il se manifeste déjà réellement Dieu lors de l’illumination glorieuse qui l’auréole à la Transfiguration.
Juste avant cela, dans le récit évangélique, Jésus vient pour la toute première fois d’annoncer qu’il doit mourir et que c’est pour cela qu’il va à Jérusalem.
Annonce que l’on doit mourir n’est pas une parole facile à prononcer, même pour le Fils de Dieu ! Pas plus que ce n’est une parole facile à entendre, et encore moins à comprendre, pour la poignée des compagnons de route qui le suivent quotidiennement. En montant sur la montagne, comme chaque fois qu’il va à l’écart pour prier, Jésus, sans doute, espère parvenir à recharger ses batteries, si vous me permettez la familiarité de cette expression.
Oui, il faut marcher résolument vers Jérusalem ! mais non, ce n’est une démarche simple et évidente ! Oui, c’est la mort qui l’attend là-bas, et la haine, et le déchaînement de violence des hommes ! mais non, cela ne peu s’envisager de gaité de cœur ! oui, c’est pour cela qu’il est venu dans le monde ! mais non, l’accepter ne va pas de soi ! "Père, que ta volonté soit faite ; voici je viens"…
Sachant cela, Jésus a tout de même besoin de s’entourer encore de quelques compagnons, comme pour s’assurer qu’il aura bien le courage d’aller jusqu’au bout de son exode et de sa pâque.
Et là, dans la prière, la gloire se manifeste… sa propre gloire, la puissance de sa divinité se laisse à voir au cœur même de son humanité ! il va pleinement accomplir la promesse faite par Moïse et les prophètes et manifester le visage de Dieu à tous les hommes. C’est de cela dont il s’entretient, justement, avec Moïse et Elie qui sont venus le rejoindre, dans la prière ! J’aime à croire qu’à ce moment, ayant si totalement épousé notre condition humaine, étant si totalement l’un de nous, Jésus a eu presque besoin qu’ils viennent lui redire qu’il était bel et bien le Fils de Dieu ; qu’il a eu besoin du réconfort des Écritures pour se retrouver lui-même… pour ressaisir que sa divinité était toute entière présente dans son corps charnel. Qu’il était réellement tout l’un et tout l’autre.
Les apôtres présents sont éberlués par ce qu’ils découvrent de celui qu’ils suivent, écoutent tous les jours, considèrent déjà comme un rabbi qui fait autorité. Epuisés de fatigue, mais tellement saisis par l’illumination qui les éblouit, ils cherchent à retenir cet instant si particulier... "Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie." Pierre, soit qu’il souhaite que ce moment ne se finisse jamais (ce que nous pouvons aisément comprendre), soit qu’il espère ainsi que Jésus renonce à monter à Jérusalem (pour qu’il évite la mort), propose de s’installer sans se rendre compte de ce qu’il propose, nous dit le texte.
Non seulement il n’est pas question de s’installer, mais il faut se remettre en route, marcher vers Jérusalem jusqu’à que tout soit accompli. Depuis la nuée, Dieu confirme la mission donnée à Jésus lors du baptême dans les eaux du Jourdain : "Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le !". La nuée se dissipe, Jésus se remet en route, tout semble comme avant, tout à pris une dimension nouvelle… chacun garde le silence et nul ne parle de ce qui s’est passé !
Jésus se retrouve conforté ; les compagnons qui sont avec lui, ne savent certainement plus quoi penser.
En marche vers Pâques, et donc en marche vers la passion, vers l’horreur et la violence de l’agonie, vers la mort ignominieuse suspendu au gibet, c’est important de nous rappeler qu’il y a plus.
C’est important de ne pas oublier que Jésus n’est pas seulement mis à mort à Jérusalem, il est aussi ressuscité ! C’est important de garder bien clair à l’esprit qu’il n’est pas simplement mis au tombeau le soir du vendredi saint, mais que la pierre été roulée et le tombeau vide au matin du 3ème jour ! C’est important de toujours tenir ensemble l’apparente victoire de la souffrance et de la mort et la réalité triomphante de la Résurrection y compris dans notre propre existence !
Sur la montagne, Jésus revêt, momentanément, la gloire dont le Fils de Dieu est revêtu au matin de Pâques, comme de toute éternité.
Jésus sait qu’il n’échappera pas à tout ce qui l’attend à Jérusalem parce qu’il faut que tout s’accomplisse et que soit pleinement manifesté la puissance de Dieu.
Les disciples aussi ont compris que Jésus n’échapperait pas à tout ce qu’ils redoutent pour lui, mais ils gardent le silence… ils gardent le silence parce que Dieu les a invités à n’écouter que Jésus et pas leurs sautes inquiétudes ; ils gardent le silence parce qu’ils viennent de réaliser que Dieu s’est fait l’un d’entre eux, qu’il est réellement présent en l’homme. Ils ont vu sa gloire, dirait Jean.
Avec les compagnons de route de Jésus, ne cherchons pas à éviter Jérusalem ; ne rêvons pas de nous installer comme pour éviter les épreuves et passer à côté des coups durs ; nous aussi, marchons résolument vers le bout de la route parce que, quelles que soient les embûches qui seront sur nos chemins, quels que soient les doutes qui viendront nous assaillir, nous savons que c’est la Vie qui triomphe.
En descendant de la montagne, marchons avec détermination sur nos chemins de vie ! Avec un peu de chance, et d’attention, nous vivrons nous aussi de ces moments particuliers où la puissance divine semble irradier subitement un instant… et nous fait toucher quelque chose de l’éternité.
Eric MLG

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